Depuis quelques années, on ne s'étonne même plus de voir les formations de l'élite chuter face à des adversaires présumés inférieurs lors des premiers tours de Coupe de France. Comment cette situation s'est-elle banalisée ? Les meilleurs clubs boudent-ils la plus ancienne des compétitions nationales ou les déplacements sur les terrains des plus modestes formations présentent-ils de vrais dangers pour le quotidien des nababs que sont les professionnels ? Le débat est ouvert...
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Alban Lagoutte “ ” On ne peut plus le nier à mon sens. Se déplacer en janvier ou février, sur des terrains amateurs qui sont entretenus avec peu de moyens, handicapent considérablement des professionnels habitués à d'excellentes conditions de travail. SI l'on ajoute à cela le peut d'attrait financier de la Coupe de France, alors oui, cette compétition est un vrai piège pour les clubs de Ligue 1.
Jean Djorkaeff, Maxime Bossis, Luis Fernandez et d'autres anciens ont beau la défendre envers et contre tous, la Coupe de France a perdu de son lustre d'antan et n'est plus aujourd'hui qu'une compétition de seconde zone, qui passe, aux yeux des professionnels en tout cas, après le championnat, la Coupe de la Ligue et la Coupe d'Europe. Malgré quelques directives obligeant les participants à aligner au moins sept joueurs ayant pris part à la dernière rencontre de championnat, force est de constater que peu d'équipes de l'élite franchissent aisément les deux premiers tours suivant leur entrée en lice. Entre une motivation qui va decrescendo et une manne financière réduite, les motifs d'abandon sont déjà forts. En Coupe de la Ligue, il suffit de gagner quatre ou cinq rencontres, qui plus est sur des terrains de qualité puisque ce tournoi est réservé aux professionnels, pour obtenir un strapontin qualificatif pour la Ligue Europa, soit la même que celui accordé par une victoire en Coupe de France, le tout en glanant plus de menue monnaie.L'analyse est vite faite... Si l'on ajoute à cela les conditions parfois déplorables dans lesquelles les clubs de Ligue 1 doivent aller batailler pour franchir un tour dans la doyenne des compétitions.... La saison passée, Frédéric Antonetti, l'entraîneur du Stade Rennais, avait mis cette situation en avant sans être forcément entendu. Pourtant, le technicien corse est dans le vrai. Sur un champ de patates, le niveau se nivelle par le bas, et les professionnels sont forcément desservis. Et comment mettre de côté que la peur de se blesser existe chez le joueur reconnu, qui craint forcément pour la suite de sa saison ou de sa carrière ? Ajouter à cela une motivation moindre face à des amateurs qui, eux, jouent le match de leur vie et tous les ingrédients du piège sont réunis. Décidemment, cette Coupe de France ressemble de plus en plus à une simple vitrine sur le monde amateur.
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Michael Balcaen “ ” La Coupe de France n’a pas perdu de son attrait. Tout est une question de motivation. L’habituel argumentaire concernant le désintérêt de la Coupe de France ou encore les rencontres sur des champs de patates ne vaut strictement rien. Amateurs et pros veulent toujours gagner. Et si l’écart est réduit par l’envie décuplée du plus petit, tant mieux. Que les gros bras se bougent et ils ne seront pas surpris.
Il paraît que la magie de la Coupe n’opère plus. Ou seulement avec parcimonie. Pourtant, chaque année, de belles aventures restent à conter, les vainqueurs sont toujours aussi heureux et les perdant aussi dépités. L’intérêt pour la Coupe de France n’a en fait jamais changé et l’idée véhiculée après certains revers concernant la sécurité, les pièges à gros bras ou encore le manque de dotation me fait doucement rigoler. Comme pour tous les matches, celui qui en veut le plus possède un avantage indéniable car il va gagner des duels au physique et se trouver en position favorable. Il n’y a aucune magie là-dedans si ce n’est celle de permettre à des clubs de tous niveaux d’évoluer face à des joueurs qu’ils ne voient habituellement qu’à la télévision. Et dans ces conditions, forcément, si on prend de haut un adversaire, la claque n’en est que plus retentissante…Quant à l’idée d’un nivellement par le bas dû à une pratique sur des terrains en trop mauvaise qualité, c’est oublier l’état de certains champs de patates chez les pros. Oui, les terrains sont gras en hiver, oui certains petits stades sont propices aux exploits et non si les pros font le boulot correctement, ils ne repartiront pas tête basse. Un mauvais rebond arrive toujours et les "techniciens" auront plus d’efforts à faire, mais de là à invoquer cette excuse pour justifier les difficultés rencontrées face à des équipes évoluant plusieurs niveaux en dessous n’est guère valable. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si certains clubs sont des spécialistes de la Coupe de France. Et prétendre qu’il y a moins d’intérêt car la Coupe serait moins dotée financièrement n’a aucun sens. Cela reviendrait à imaginer un joueur lâcher un match parce qu’il ne gagnerait pas assez. Une fois sur le terrain, les considérations financières n’existent plus, il s’agit de foot, de duels et de vainqueurs. Et tant mieux s’il y a encore et toujours des surprises, des éliminations prématurées et des exploits. C’est la loi du football.
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