Publié par Axel Capron le 2 juillet 2014 à 20h18

Séville 82, connaissent (presque) pas !

Equipe de France masculine

Sakho et Matuidi

Séville 82, connaissent (presque) pas !

Il faut être au moins quarantenaire ou féru d’histoire du football pour que le France-Allemagne de vendredi rappelle les grandes heures de la rivalité entre les deux équipes, notamment l’épique demi-finale de Coupe du monde à Séville en 1982. Pour (presque) tous les joueurs actuels, ce France-RFA n’évoque pas grand-chose.

Si le France-Allemagne de vendredi ressuscite dans l’Hexagone des images sorties des archives de l’épique demi-finale de Séville entre les Bleus de Michel Hidalgo et la RFA emmenée par Schumacher, Kaltz, Hrubesch et consorts, on ne peut pas dire que les joueurs actuels de l’équipe de France soient très sensibles à ce précédent. Il faut dire à leur décharge que seuls deux d’entre eux étaient nés le 8 juillet 1982: Mickaël Landreau avait trois ans, tandis que Patrice Evra, un an, devait tout juste marcher.

"Je ne peux pas vous en parler, je n'étais pas né", a ainsi promptement évacué Mamadou Sakho ce mercredi à Ribeirao Preto, lorsque la question lui a été posée. La preuve que s’ils aiment leur métier et le pratiquent à merveille, nombre de Bleus actuels ne sont centrés que sur eux-mêmes, peu sensibles à ce qu’il s’est passé avant qu’ils ne s’intéressent eux-mêmes au ballon rond. Car un quarantenaire féru de foot aujourd’hui, même s’il ne les a pas vécus, se souvient forcément des exploits en Suède de la première grande équipe de France, celle de 1958 des Raymond Kopa et Just Fontaine, racontés par ses parents ou plus simplement vus à la télé.

Mention bien pour Matuidi

Les générations passent, les images trépassent ? Pas tout à fait quand même car juste après Mamadou Sakho, Blaise Matuidi, qui n’était pourtant pas plus né que le joueur de Liverpool à l’époque mais se revendique comme un"passionné de foot", s’est montré ce mercredi plus sensible au sujet de 82:"Oui, ça m’évoque quelque chose, j’ai vu des images, Battiston, le contact avec le gardien..." Et le Parisien d’en remettre une couche sur la demi-finale quatre ans plus tard à Mexico: "J’ai aussi le souvenir de la demi-finale perdue 2-0 alors que l’équipe de France s’était qualifiée en quarts contre le Brésil après un grand match. Elle avait un peu péché en demi-finale."

Mention bien donc pour le poumon des Bleus, reste que, souvenirs télévisuels ou pas, les joueurs français n’entendront pas parler de ce match en interne, Didier Deschamps n’ayant absolument pas l’intention de se servir de ce ressort historique pour motiver ses troupes: "Si je leur parle de 2006, d’accord, mais 82, les joueurs n’étaient pas nés. On a du respect pour ce qui s’est passé, mais ça fait partie de l’histoire et l’important, c’est aujourd’hui."

Pas de rappels historiques donc, ni de mention d’une rivalité franco-allemande qui, les années aidant, a aujourd’hui quasiment disparu, cela n’empêche pas pour autant le sélectionneur, qui fait partie de cette génération traumatisée par le fameux match de Séville, d’en garder des souvenirs bien précis: "J’étais né, moi ! J’avais 14 ans (13 en réalité, ndlr). Pour moi, ça a réellement commencé là. 1982, ce sont mes premiers souvenirs de l’équipe de France avec ce dénouement cruel. Les joueurs ont vécu un grand moment, triste à la fin, mais avec de l’émotion, des revirements de situation, c’est pour ça aussi que le foot a ce côté magique. Séville, ça a marqué l’esprit des gens et l’histoire du football français, la preuve, on en parle encore aujourd’hui." Mais Deschamps, pragmatique, de conclure: "Maintenant, ça fait plus de 30 ans, donc on ne va pas parler de revanche ou de quoi que ce soit." D’autant que depuis, la balance des confrontations franco-allemandes a nettement basculé dans le camp tricolore…

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