25 ans après sa disparition, l’équipe féminine du club olympien a retrouvé la vie. Sous la houlette notamment de l’entraîneur Christophe Parra, les jeunes Marseillaises sont reparties en bas de l’échelle avec des résultats plus que satisfaisants. La montée est en vue.
Un quart de siècle. Il aura fallu presque tout ce temps pour que l’Olympique de Marseille se conjugue à nouveau au féminin. En 2010, 24 ans après la dissolution de la section féminine (l’équipe évoluant alors en D2), le club provençal remet en vie ses footballeuses sous l’impulsion notamment de son directeur sportif. "C’est José Anigo qui est à l’origine de la création de l’équipe, il estimait que c’était nécessaire", raconte Christophe Parra, l’entraîneur. Les excellents résultats de l’équipe de France à la dernière Coupe du monde et la victoire de l’OL en Ligue des champions en 2011 ont accéléré l’intérêt du grand public pour le foot féminin observé ces dernières années. Il fallait bien que l’OM en soit.
Mais pour cela, il a fallu tout reconstruire. Plus de 300 filles ont été « castées » l’été dernier pour au final un groupe qui contient une quinzaine de joueuses, la plupart originaire de la région. "On est reparti de zéro puisqu’on évolue dans le plus bas niveau, en championnat départemental. Mais honnêtement, on pourrait jouer, je pense, une ou deux divisions au-dessus dans trop de problème", explique Parra. Celui qui entraîne depuis 1995, passé notamment par la DH avec La Ciotat, ne peut être que satisfait de ses filles, invaincues depuis le début du championnat de Provence.
"Jo", gardienne du temple
Après 11 journées, elles occupent la première place avec cinq points d’avance sur leurs dauphines (Endoume et Martigues) fortes de 10 victoires et un nul. Bref, la montée ne fait quasiment plus aucun doute. "Cela fait partie de l’objectif mais ma mission, et celle du staff, est de pérenniser l’équipe et de poser les bonnes fondations. Ce qui n’est pas évident même si l’OM est un grand club, il faut arriver à se faire une place dans un monde à dominante masculine mais petit à petit on avance. On nous a ouvert des portes au club", poursuit le coach olympien, pour la première fois à la tête d’une formation féminine. "C’est intéressant de découvrir un autre football. Je le trouve plus agréable à regarder. Ce qui m’a vraiment plu c’est la notion de jeu, mais je ne veux pas le comparer avec le foot masculin. Ça m’agace un peu d’ailleurs ce débat car on ne le fait pas dans les autres sports."
A l’entraînement, du côté des terrains de St-Menet (quartier est de Marseille) qui ont précédé ceux de La Commanderie, Christophe Parra est loin de s’agacer, soulignant le plaisir qu’il ressent au même titre que ses filles: "C’est un bonheur pendant deux heures". De voir son équipe enthousiaste et fixée sur un même objectif le ravit naturellement. Un véritable groupe est né, encadré par Josiane Marcassoli, une des deux dirigeantes avec Valérie Mannoni. Il était presque évident que « Jo » soit associée au projet, elle qui a connu la première équipe féminine du club marseillais, en 1969: "On a tout simplement écrit à Zatelli (entraîneur de l’époque) et au président Leclerc pour leur demander de lancer le foot féminin à Marseille. C’est parti comme ça."
Josiane a porté le maillot olympien jusqu’en 1979, raflé la plupart des titres régionaux et atteint les demi-finales du championnat de France. Et cerise sur le gâteau, a joué en lever de rideau au Vélodrome, le seul de l’histoire pour une équipe de filles. "On avait battu le Vieux Nice 7-1. C’était un autre temps. Les filles, aujourd’hui ont la culture foot, la technique, la vitesse…. Nous on devait tout apprendre à l’entraînement. On s’est battues pour être reconnues par la gente masculine et je crois que l’on ne s’est pas battues pour rien", souligne « Jo ». Elle veille désormais pour que la relève écrive une nouvelle histoire.
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