Publié par Thomas SINIECKI le 11 juin 2014 à 17h21

Que deviens-tu, Stéphane Guivarc'h ?

Prolongation

Stéphane Guivarc'h a vite plaqué le football pro. (Reuters)

Que deviens-tu, Stéphane Guivarc'h ?

Stéphane Guivarc’h est passé du tout au rien en à peine cinq ans, d’un statut de titulaire au sein de l’équipe championne du monde en 1998 à une vie très rangée, bien loin des projecteurs. Pour autant, il n’est pas forcément le moins heureux des 22 d’Aimé Jacquet, reconverti en commercial pour une société bretonne de piscines et goûtant simplement au bonheur d’une existence tout à fait normale.

Il était titulaire face au Brésil et a loupé face à Taffarel des occasions difficiles à imaginer à un tel niveau… Stéphane Guivarc’h a sans doute manqué l’opportunité de sa vie le 12 juillet 1998. Attaquant titulaire des Bleus, il se blesse dès le premier match du Mondial face à l’Afrique du Sud mais retrouve sa place dès le coup d’envoi contre l’Italie en quarts, puis la Croatie en demies et donc le Brésil en finale… pour aucun but à la clé. Même 16 ans après, difficile de ne plus songer à une période aussi marquante.

"Ce qui m’a manqué, c’est un petit but en Coupe du monde, admet d’ailleurs le meilleur buteur du championnat de France en 1997 (avec Rennes) et 1998 (Auxerre). C’est mon seul regret. J’ai deux belles occasions en finale avec deux face-à-face. Je n’avais pas mis les bonnes chaussures ce jour-là", sourit-il au Télégramme. Sa carrière professionnelle achevée en 2002 à Guingamp, il a rapidement bifurqué vers un chemin loin, très loin des standards de ses coéquipiers de l’époque en équipe de France.

"Je bois mon café, j'achète L'Equipe dans le bar du coin"

A part Bernard Lama ou Vincent Candela, mais à un degré bien inférieur et qui ont toujours gardé un pied dans le football, il est assez (voire très) aisé de savoir ce que font les autres champions du monde 98. Guivarc’h, lui, est vendeur de piscines. Une deuxième carrière qui s’est imposée assez rapidement à lui et n’est pas spécialement synonyme de déprime: "Généralement, on a le temps de penser à ce que l’on va faire, pour moi c’est allé vite, se remémore-t-il pour L’Hebdo du Finistère-Le Courrier-Le Progrès. Je n’ai rien fait durant deux ans. Et puis un jour, un de mes meilleurs potes, plombier, est venu me parler de piscines et de rentrer dans son entreprise. Je lui ai demandé 24h et lui ai dit oui."

Depuis 10 ans, ça baigne. Son numéro de téléphone portable est directement accessible sur la page d’accueil de Tanguy Piscines. "J’ai une vie équilibrée, je vois mon père tous les jours, racontait-il encore l’an dernier. Je suis très famille. Je vis comme tout le monde, je bois mon café, j’achète L’Equipe dans le bar du coin et je me sens bien. Je n’ai jamais été attiré par les caméras." Tout juste se muait-il en consultant pour Foot+ à l’occasion des matches en Bretagne… Il vient aussi de céder sa place de président de l’US Trégunc, club amateur de son Finistère natal (né à Concarneau). "Je veux me recentrer sur le sportif et être plus près des joueurs et des éducateurs, ce que je n’ai pas pu faire cette saison", explique-t-il à Ouest France. Guivarc’h ou l’anti-"Zizou".

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